Tibn Al Hussein
Cuisine soudanaise
Marseille

ACTUELLEMENT  • Chef traiteur aux Tables de Cana, délicieux traiteur solidaire à Marseille (et ailleurs ! )

SPÉCIALITÉ  •  Gheema plat soudanais composé de boeuf et de pommes de terres

Portrait

La rencontre.

Je retrouve Tibin sur le vieux port, pas loin du restaurant ‘La piscine’. On s’installe sur un banc face aux bateaux et il commence à me parler de lui. Son niveau de français est impressionnant après seulement deux ans en France. Grand soleil typiquement marseillais, beaucoup de badauds qui déambulent, en fond sonore le bruit des mouettes et des haubans, l’endroit se prête aux histoires.

Les origines. 

Tibin a 26 ans et il vient du Soudan. Il a grandi dans le restaurant familial. Il y était tout le temps, avant l’école, après l’école et pendant les vacances. Tibin raconte que c’était un lieu de vie important dans le village : « Le restaurant accueillait beaucoup de monde, surtout un jour par semaine, le jour du marché. Il y avait des habitués mais les gens venaient aussi des villes autour ». Il aidait son père, cuistot, à la préparation de spécialités soudanaises, essentiellement des plats à base de viande. Il a quitté le Soudan pour s’installer en Syrie. La vie en Syrie était pire et il a décidé d’aller en Europe. Après une traversée difficile, où son embarcation a été secourue par un navire de l’armée Belge, il est arrivé en Italie puis à Marseille. 

Sa cuisine.  

La différence entre la cuisine Française et Soudanaise ? « C’est le moment du repas, là-bas on mange toujours en groupe et on mange avec la main ». Sans avoir pu les tester, ses restaurants préférés à Marseille son ceux qui longent le Vieux Port « pour l’emplacement et la vue sur les bateaux ». Ça tombe bien, le restaurant La Piscine, qui lui ouvrira ses cuisines à l’occasion du Refugee Food Festival, est l’un des plus emblématiques du Vieux Port. Pour le menu, il pense associer les spécialités des deux pays. Une entrée française et un plat soudanais, comme le Marjgiz : du foie mélangé à des abats de mouton mijoté à feu doux avec oignons, poivrons, pate d’arachide et ail, « et voilà ». 

Aujourd’hui. 

Depuis son arrivée à Marseille il y deux ans, il n’arrête pas. Tibin a fait le semi-marathon Marseille-Cassis à peine trois mois après son arrivée en France. Il joue du double (ou agogo duplodans un groupe de Batucada – une musique à base d’instruments traditionnels du Brésil – et en profite pour préparer des repas soudanais à l’occasion de la fête annuelle du groupe, « pour plus de 60 personnes » ! Aujourd’hui il travaille à la Table de Cana de Marseille, un traiteur qui est aussi une entreprise d’insertion. Il se plait à Marseille et profite à fond des plaisirs de la ville : baignade aux Catalans, footing sur la corniche et matchs au vélodrome. En revanche, une bouillabaisse, ça ne lui évoque rien. A découvrir rapidement ! Surtout que Tibin a pour projet d’ouvrir un restaurant de spécialités franco-soudanaises.