Noor Momika
Cuisine irakienne
Strasbourg

ACTUELLEMENT  •  Noor suit une formation en français
PROJET  •  Elle souhaite trouver un emploi dans la restauration

SPÉCIALITÉ  • Masgouf, plat traditionnel à base de poisson mariné à l’huile d’olive et grillé sans écailles, souvent accompagné de riz à la tomate.

REFUGEE FOOD FESTIVAL 2018  • Chez Nous (Strasbourg, France)

Portrait

LES ORIGINES

Nour a 32 ans et est originaire d’Irak. Elle vient d’un petit village chrétien proche de Mossoul, la deuxième plus grande ville du pays, où elle a étudié l’informatique à l’université. De ce bagage, elle n’a pas pu faire grand chose car, de son propre aveu, en Irak, il est attendu des femmes qu’elles tiennent la maison plutôt qu’elles fassent carrière. S’il est convenable de tenir un poste dans une cuisine ou une école, ceux impliquant des déplacements extérieurs sont proscrits. Nour s’établira finalement comme couturière, pour répare, transformer, voire créer des pièces, ce qu’elle adore faire, jusqu’à ce que la menace de Daech sur son corps de femme qu’elle refuse de couvrir se fasse trop lourde… Elle fuit en France, avec plusieurs de ses frères et sœurs, tandis que le reste de sa famille, encore au village, est pour l’instant épargné. En France, elle prend des cours de langue dans une université populaire en s’occupant du plus jeune de ses trois enfants, âgé d’un an seulement.

SA CUISINE

Nour a toujours cuisiné et été complimentée sur ses plats. En France, ses proches sont d’autant plus positifs qu’ils ont rarement expérimenté la cuisine irakienne. Si elle cuisine à l’occasion du Refugee Food Festival, c’est pour représenter cette cuisine inspirée, à la fois épicée et acide, ce dernier qualificatif étant assez éloigné des saveurs françaises habituelles. Elle cite pêle-mêle le masgouf, un plat à base de poisson mariné à l’huile d’olive et grillé sans être écaillé, souvent accompagné de riz à la tomate, et le kleichat tamur, un petit gâteau fourré aux dattes, mangé les jours de fête. La cuisine de Nour, c’est la cuisine irakienne traditionnelle présentée selon des codes très actuels.

AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, Nour se consacre au plus jeune de ses trois enfants, âgé d’un an seulement… Pour ses enfants et leurs amis, elle prépare souvent des pâtisseries hautes en couleur. Quand son fils sera un peu plus grand, elle pense chercher un travail dans la couture. Mais ce qu’elle aimerait par dessous tout, c’est ouvrir un restaurant familial irakien à Strasbourg, une fois que tous les membres de sa famille seront rassemblés en France, en sécurité. « Travailler en cuisine, oui, mais en tant que cheffe ! »