Mohamad Haj Kasem
Cuisine syrienne
Amsterdam

ACTUELLEMENT  •  Il suit actuellement une formation en cuisine à Amsterdam
PROJET  •  Il souhaite trouver un travail dans la restauration à Amsterdam

SPÉCIALITÉ  • Kabsa, mets à base de riz et de viande de mouton ou de poulet, parfumé avec un mélange d’épices syriennes.

REFUGEE FOOD FESTIVAL 2018  •  Zest (Amsterdam, Holland)

Portrait

J’ai rencontré Mohamad lors d’une soirée de juin particulièrement chaude et ensoleillée, le temps idéal pour profiter de l’air du début de l’été en bonne compagnie et parler cuisine ! Nous nous sommes rencontrés le long de la rivière Amstel, avec deux autres bénévoles du Refugee Food Festival : Dejan, photographe, et Mariëtte, le point de contact de Mohamad et sa traductrice pour cet entretien (le néerlandais de Mohamad étant bien plus avancé que le mien). Après avoir décidé qu’un café à proximité était trop occupé, nous nous sommes installés tous les quatre au bord de l’eau. C’est là que nous nous sommes assis jusqu’à ce que le soleil soit presque complètement couché et que Mohamad nous a parlé de son amour de la nourriture et de sa passion pour la cuisine syrienne !

LES ORIGINES

Mohamad est originaire de la capitale syrienne, Damas. Il explique immédiatement que la nourriture est extrêmement importante dans la culture syrienne, dans la mesure où tous types de réunions de famille, de vacances ou de fêtes repose toujours sur la préparation et la consommation de nourriture. En ce sens, la nourriture en Syrie a un aspect social important, à tel point que, mentionne-t-il, il est très rare de manger seul ! Quand il partage ses expériences et ses souvenirs de nourriture, il apparaît clairement que l’amour et la famille sont intrinsèquement liés à la nourriture dans la culture de Mohamad, et que cette signification culturelle est l’un des principaux moteurs de sa passion pour la cuisine. À vrai dire, la première source d’inspiration culinaire de Mohamad est, sans aucun doute, sa mère. Non seulement parce que c’est elle qui lui a enseigné tout ce qu’il sait de la cuisine, mais aussi parce qu’il parait qu’elle est « la meilleure cuisinière de tous les temps »! Il rit en se souvenant de sa première fois en cuisine avec sa mère, alors qu’il avait environ 10 ans, et qu’il avait cuisiné un plat à base de gombo avec beaucoup trop de piment, qui s’était avéré tout à fait immangeable. Néanmoins, tout au long de son enfance, sa mère a gardé un œil bienveillant sur sa cuisine. Et grâce à son amour et à son soutien, au fil du temps, il a perfectionné ses techniques !

SA CUISINE

L’amour de Mohamad pour la cuisine syrienne est inconditionnel et cette cuisine est, de loin, sa préférée. Il explique qu’elle est pleine de complexité et de profondeur de saveurs. C’est une nourriture tout en légèreté et en subtilité. Les plats sont souvent faits de légumes variés et de viandes et incluent toujours l’utilisation de plusieurs types d’épices savoureuses – comme le dit Mohamad, la cuisine syrienne est vraiment « un mélange de tout ! ». L’un de ses plats préférés, que sa mère lui préparait, est un plat syrien traditionnel appelé Kebsa, qui se compose de poulet, de riz et de coriandre. Et alors qu’il décrit plus en détail comment sa mère préparerait son repas préféré, je sens mon estomac gargouiller à l’idée de goûter ces délicieuses saveurs ! Mohamad partage avec nous le bonheur qu’il ressent en cuisinant, un sentiment similaire à celui que peut procurer la danse ! Pour lui, le fait de cuisiner est empli d’une certaine musicalité qui crée un sentiment de bonheur, de fluidité et de liberté – comme lorsque l’on danse ! Mais Mohamad n’aime pas seulement la cuisine syrienne : ce qui le rend vraiment heureux, c’est de la partager avec d’autres. « Cuisiner est mon rêve ! », dit-il, pour résumer son amour fondamental pour son métier. Pour lui, le rêve doit mener à l’ouverture, un jour, de son propre restaurant à Haarlem. Il en connaît déjà le nom, « Syriova », qu’il trouve parfaitement approprié puisqu’il combine les deux influences principales qui ont motivé sa passion pour la cuisine : sa mère et son pays d’origine.

AUJOURD’HUI

Mohamad suit actuellement une formation en cuisine, bien qu’il ait déjà beaucoup d’expérience dans la restauration et en tant que traiteur. Il a réalisé de nombreux événements en Hollande, de 30 à 300 personnes. Il a également l’habitude de cuisiner pendant le Refugee Food Festival, dit-il en se remémorant son expérience du festival 2017. Il nous dit à quel point il a hâte de cuisiner à nouveau pour l’événement ! Mohamad termine, de manière très positive, en nous disant qu’il est confiant quant à son avenir dans la cuisine et quant à la perspective de réaliser un jour son rêve d’ouvrir Syriova !