Meron TEWODROS
Cuisine éthiopienne
Lyon

ACTUELLEMENT  •  Souhaite trouver un travail dans la restauration ou dans la restauration collective à Lyon
PROJET  •  Souhaite ouvrir un restaurant éthiopien et érythréen à Lyon

SPÉCIALITÉ  •  L’injera, une grande crêpe sur laquelle on dispose plusieurs wats, des ragoûts à base de légumineuses, de légumes ou de viande

Portrait

C’est sous le soleil de plomb du milieu d’après-midi que je retrouve Meron place Bellecour. Rapidement, nous nous réfugions dans un café et commandons une glace pour oublier un instant la chaleur caniculaire qui nous entoure. Enfin rafraichies, nous pouvons enfin faire connaissance.

Humble et discrète, Meron ne comprend pas trop pourquoi je dois l’interviewer. Elle ne pense pas avoir grand-chose à raconter et attend avec un peu d’appréhension mes questions. Et pourtant… Son parcours et sa résilience forcent l’admiration. Les gens heureux n’ont pas d’histoire, dit-on parfois. Meron est clairement la preuve du contraire.

LES ORIGINES 

Née en Erythrée, Meron a grandi à Addis-Abeba en Ethiopie. Pour fuir la guerre, elle a passé quelques temps au Soudan puis est arrivée en France en 2011. Depuis elle s’est débrouillée pour apprendre le français, grâce à des amis et des associations. Et, quoiqu’elle en dise, elle maitrise désormais très bien la langue de Molière ! Voilà pour l’idiome. Pour la conjugaison, sa vie se compose essentiellement du présent : ne pas trop parler du passé, ne pas faire trop de plans pour l’avenir.

SA CUISINE 

Quand on parle de cuisine avec Meron, un mot revient souvent : la gaieté. Un bon repas se prend dans la convivialité, avec du monde et jamais seul dans son coin. C’est pour cela que Meron aime tant cuisiner, pour offrir des moments de partage et de joie. C’est avec sa maman qu’elle a tout appris, en la regardant faire d’abord, puis en l’aidant. Et ce qu’elle semble adorer par-dessus tout, c’est l’injera, une grande crêpe sur laquelle on dispose plusieurs wats, des ragoûts à base de légumineuses, de légumes ou de viande. Le tout étant copieusement épicé, car comme Meron me l’explique, elle ne pourrait pas vivre (ou du moins manger) sans piment ! Sa philosophie ? Tant qu’il y aura des Hommes, il y aura toujours besoin de cuisiner, alors autant préparer de bons plats et en faire un moment de plaisir.

AUJOURD’HUI

Meron a travaillé quelques temps dans un restaurant éthiopien de la capitale des Gaules. Mais l’arrivée de sa fille, et les contraintes horaires que cela implique, lui ont fait mettre de côté sa passion pour la cuisine. Elle a donc donné la priorité à un emploi régulier avec des horaires fixes et officie désormais en tant qu’aide à domicile. Mais elle garde un rêve, celui d’ouvrir son propre restaurant. Un restaurant à la fois éthiopien et érythréen puisqu’à ces yeux il n’y a pas de différence entre ces deux peuples, hormis des considérations politiques. Dans un premier temps, elle espère reprendre bientôt un travail dans la restauration, que ce soit dans un petit établissement ou dans une cuisine collective pour une entreprise ou une école.

En attendant, elle transmet petit à petit les secrets de sa cuisine à Kellya, sa fille qui a maintenant quatre ans et demi. Les premières leçons se concentrent autour de la pâtisserie.

Avec les yeux qui pétillent, Meron m’explique que désormais elle est très heureuse. Elle vit dans un pays en paix, elle travaille, elle aime s’occuper de sa fille. La vie est un cadeau me dit-elle, il faut la prendre comme elle vient…