Daredjan PKHAKADZE
Cuisine géorgienne
Strasbourg

ACTUELLEMENT  •  Suit la formation Des Etoiles et des Femmes à Strasbourg

PROJET • Trouver un travail dans un restaurant Strasbourgeois et par la suite ouvrir son propre restaurant géorgien

SPÉCIALITÉ  •  Khinkalis, ravioli traditionnels géorgiens farcis à la viande, fromage ou légumes et remplis d’un délicieux bouillon

Portrait

C’était un soir d’hiver à Strasbourg. Daredjan m’accueille chez elle avec un grand sourire rayonnant : « entre », me dit-elle.  Je rentre dans son salon chaleureusement décoré où la magie de noël était bien présente.  Avec des yeux émerveillés, Daredjan me présente à sa mère et à ses deux enfants et m’offre un thé chaud.  Nous nous sommes assis à table et nous avons entamé une conversation, où le temps s’est écoulé si rapidement. Nous avons alors fait tant de voyages, partagé de nombreuses histoires et parcouru plusieurs pays, tout cela, le temps d’une petite soirée dans la capitale Alsacienne de Noël.

LES ORIGINES 

Originaire de la Georgie, Daredjan est arrivée en France en 2011 à l’âge de 17 ans. Sa mère, Nana, était juriste et persécutée en Georgie pour ses idées politiques, qui s’opposaient à celles du régime existant. Du fait de la situation d’insécurité présente dans le pays, exercer son métier était devenu trop dangereux. La famille a donc été contrainte de quitter la Géorgie. Maman de deux enfants, Daredjan se trouvait souvent très occupée par la vie de famille. C’est pendant les calmes moments de l’après-midi qu’elle a commencé à faire ses premières expérimentations en cuisine.

SA CUISINE 

Daredjan a grandi dans une maison chaleureuse, conviviale, et toujours pleine de monde. Ses parents adoraient cuisiner et inviter amis et famille pour des fêtes et de grands repas.

Sa grand-mère était chef pâtissière. Elle a tenu sa propre pâtisserie à Tbilissi pendant plus de 20 ans. C’est ainsi que Daredjan a appris à faire la cuisine géorgienne, en observant sa mère et sa grand-mère. « Dans ce petit pays du Caucase, on découvre une grande variété de plats » , me dit-elle. Elle prend un immense plaisir à cuisiner des plats de son pays d’origine et à les faire déguster aux autres. La cuisine géorgienne, insiste-t-elle, est surtout une cuisine généreuse. Daredjan se spécialise dans la cuisine traditionnelle et aime préparer des plats comme les Khinkalis qui sont de gros raviolis géorgiens farcis avec de la viande, des légumes, ou du fromage et aussi le Khachapuri qui est un pain plat et moelleux farci au fromage. Elle prépare aussi des soupes traditionnelles comme le Kharcho, ou encore le Pkhali, un hors-d’oeuvre froid à base d’épinards; un délice ! Grâce à une recette de famille, elle fait son propre fromage, selon la technique géorgienne. Elle suit les recettes toujours très rigoureusement. Daredjan considère la cuisine traditionnelle comme faisant partie de l’histoire de ses ancêtres et de sa culture. Pour elle, la finalité de sa cuisine est la dégustation, et elle lui donne toute sa passion.

AUJOURD’HUI

Le futur pour Daredjan lui apparaît plein d’opportunités, étant jeune, dynamique, et talentueuse. Elle rêve d’ouvrir un restaurant franco-géorgien qui offrirait des spécialités culinaires de ces deux pays. Ayant effectué un court stage en cuisine dans un restaurant alsacien et ayant travaillé dans une boulangerie-pâtisserie, elle souhaite désormais s’intégrer au sein d’une équipe de cuisiniers pour parfaire ses compétences culinaires. Elle a participé au Refugee Food Festival sur le marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018. Cet événement a été sa première expérience professionnelle en tant que cheffe où elle a pu concevoir et exécuter un menu de A à Z.

Pour elle, sa participation a été une véritable occasion de se lancer dans la cuisine. Elle recherche actuellement une formation pour concrétiser sa passion et s’approcher un peu plus de son rêve : ouvrir son propre restaurant !

 

Safia Zouioueche