Belan Tadese Bekele
Cuisine éthiopienne
Marseille

ACTUELLEMENT  •  En recherche de poste dans la restauration

SPÉCIALITÉ  •  Injera, galettes traditionnelles de teff, garnies de différents currys

REFUGEE FOOD FESTIVAL 2018  •  Chez Soji, Marseille
REFUGEE FOOD FESTIVAL 2017  •  Café Borely, Marseille

Portrait

J’arrive en fin de journée au restaurant Soji situé non loin du Palais Longchamp. Belan n’a pas beaucoup de temps. Elle vient de faire des essais de mise en place avec le chef. La journée doit maintenant suivre son cours. Belan me salue avec un grand sourire. Elle semble détendue, sereine.

SES ORIGINES

Belan est née en Ethiopie et elle est arrivée à Marseille en 2014. Derrière la pudeur des échanges sur son passé, on parle de ses projets et on ressent un profond attachement à son pays d’origine.

La cuisine pour elle, c’est parler de son pays, d’où elle vient et de ce qu’elle est. On perçoit aussi une grande fierté de ses racines, une farouche volonté de partager par l’intermédiaire de la cuisine.

SA CUISINE

Belan parle avec enthousiasme de la cuisine éthiopienne, qui compte de nombreux « artistes ». Elle pourrait parler des heures entières des différentes recettes. Des galettes à la farine de teff garnies de lentilles, légumes, viandes, au Doro Wat, plat épicé à base de poulet, Belan nous fait voyager au cœur de la cuisine éthiopienne. Sans même l’avoir goûtée, on en imagine aisément les arômes, les textures, tant elle aime à la décrire.

Pour elle, la cuisine, c’est avant tout le choix des ingrédients. Qu’importe si elle ne trouve pas son bonheur sur les marchés marseillais, elle fait venir farines et épices de Paris ou d’Ethiopie et ce sont des colis de 30, 40 ou 50 kg qui arrivent chaque mois dans la Cité Phocéenne pour servir la passion de Belan.

Quant à la cuisine française et marseillaise, Belan l’apprécie mais elle s’étonne de la rapidité avec laquelle les plats sont élaborés ici. « Un plat préparé en 45 minutes ? Mais c’est rien ! ». On devine alors les longues heures nécessaires à la préparation de la cuisine de Belan, un rapport au temps totalement différent.

AUJOURD’HUI

La vie de Belan aujourd’hui c’est Marseille. Elle se souvient de son arrivée… « comme si j’étais en prison et que soudain on m’ouvrait la porte ». Marseille, théâtre de sa nouvelle vie placée sous le signe de la liberté, ville des possibles pour ses projets professionnels.

Après une expérience lors de l’édition 2017 du Refugee Food Festival Marseille au café Borély – expérience couronnée de succès « il ne restait plus aucune galette » s’amuse-t-elle – Belan a reçu de nombreuses commandes par des particuliers désireux de faire connaître à leurs amis de nouvelles saveurs.

Son rêve ? Ouvrir un restaurant éthiopien à Marseille ! Une de ses amies en tient un à Toulon, pourquoi pas elle à Marseille… Il semblerait que la cuisine éthiopienne soit affaire de chef.fes ! « J’ai confiance » murmure-t-elle avant de nous quitter.

Finalement, Belan nous a donné beaucoup de son temps…