Adhraa Maqdes
Cuisine irakienne
Amsterdam

ACTUELLEMENT  •  Suit une formation en cuisine
PROJET  •  Souhaite ouvrir son propre restaurant de spécialités irakiennes à Amsterdam

SPÉCIALITÉ  •  Biryani, riz jaune aux noix, légumes, petits pois et pommes de terre

Portrait

Les rues étroites et pavées, le drapeau tricolore du Waagtoren et le rideau en damier rouge et blanc de la cuisine du café Soepp – tout respire la convivialité néerlandaise dans le centre-ville d’Alkmaar, où j’ai rencontré la chef irakienne Adhraa. Tout d’abord, j’entends dans la cuisine le bruit des casseroles et des assiettes, puis le calme et Adhraa apparaît. C’est une femme menue qui a l’air plus jeune que ses 35 ans. Elle enlève rapidement son tablier avant de s’asseoir à table. Nous avons une heure, la seule pause de sa longue journée !

LES ORIGINES

Quand au fil de la discussion, Adhraa me dit comment elle a appris à cuisiner, j’ai l’impression d’avoir en face de moi la fillette de 10 ans qu’elle était, debout sur un seau retourné devant le plan de travail. Comme sa mère était au travail et que sa sœur aînée n’aimait pas cuisiner, la petite Adhraa a pris la barre, ou plutôt la louche, de la cuisine de sa maison. Sans personne pour lui dire quoi faire et comment le faire, elle a appris à cuisiner par elle-même, avec son inventivité et sa créativité, puis plus tard avec l’aide d’Internet. Sa famille la soutenait, affirmant toujours que le dîner était bon, même si, à l’époque, les aliments avaient peut-être été brûlés ou n’étaient pas complètement cuits.

SA CUISINE

Adhraa se passionne très tôt pour la cuisine, mais en Iraq, elle n’a pas eu la chance de fréquenter une école de cuisine ni d’acquérir une expérience professionnelle dans un restaurant. Elle ne cuisinait qu’à la maison, jusqu’à son arrivée aux Pays-Bas. Ici, la cuisine est devenue beaucoup plus qu’un passe-temps. Lorsqu’elle vivait dans un centre d’accueil, Adhraa a mis en place des cours de cuisine arabe pour les Néerlandais avec un ami syrien. Près de trois ans après son arrivée aux Pays-Bas, elle termine un apprentissage chez Soepp dans le cadre d’un cours de cuisine à la Horeca Academie (La Haye), qu’elle suit grâce à une bourse qu’elle a remportée. Rien d’étonnant : la bourse est attribuée à une personne réfugiée passionné de cuisine et la cuisine est ce qu’il y a de plus important pour Adhraa.

AUJOURD’HUI

Adhraa rêve d’ouvrir son propre restaurant, où elle cuisinerait une cuisine irakienne mélangée à des saveurs néerlandaises. Elle a déjà le menu en tête : il y aurait du Biryani, riz jaune aux noix, légumes, petits pois et pommes de terre, qui est l’un de ses plats préférés. Ou alors, elle préparait un plat de riz typique du Moyen-Orient, qu’elle peut faire avec du poulet ou des moutons. Elle a préparé ces deux mets pendant le festival, et nous pouvons témoigner : nous aimerions les déguster à nouveau dans son restaurant un jour ! Adhraa sait par expérience que la restauration est un milieu difficile. Mais la cuisine est ce qu’elle fait de mieux et ce qui est le mieux pour elle : « en cuisine, j’oublie tout, c’est comme une thérapie pour moi ».